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Interview sur la BBC

Publié en Avril 2007

Marilyn Manson

Marilyn Manson continue de faire la promotion européenne de son prochain album, Eat me, Drink me, et la semaine dernière il était de passage à Londres où après plusieurs conférences de presses il s'est rendu dans les studios de la radio BBC pour participer à l'émission de Zane Lowe.

Le site mansonUSA propose de l'écouter depuis son site et en donne la retranscription. En voici donc la traduction par nos soins :

Zane Lowe : Qu'avez-vous fait en ce glorieux jour à Londres ?
Marilyn Manson : Je me suis juste réveillé et étais confus sur quel jour on était parce que j'avais fait un communiqué de presse et une séance photo ; je me suis assoupi et ais sombré dans un sommeil profond et commencé à faire un cauchemar et n'ais pas réalisé qu'on était toujours le même jour.

ZL : Qu'est-ce-que vous préférez, parler à la presse ou faire une séance Photo ?
MM : Je suis toujours éxigeant sur la photo car pour moi c'est un art majeur et j'ai toujours mis un point d'honneur à le faire correctement ; j'aime les deux, tant que je prends du plaisir à le faire. Au cours de cette dernière année, je réalise en regardant en arrière que mon plus gros problème était que je commençais à détester être moi-même. Je me sentais un peu comme quand j'ai commencé le groupe, mais cet album ne ressemble en rien à ce que j'ai fait avant, ce n'est pas quelquechose que j'aurai pu faire avant. C'est l'album que j'étais censé faire. C'est moi tombant finalement dans le rôle de ce que j'ai toujours été sans être mal à l'aise de m'accepter dans ce rôle du méchant ; aussi, l'identification avec la mythologie du Vampire, bien présente sur le disque, j'essayais de prouver au monde entier que je suis invincible. La seule chose qui pouvait finalement me tuer était une romance, de la même façon que la seule chose qui peut tuer un vampire est de lui briser (percer) le coeur ; et c'est essentiellement ce avec quoi j'ai pu m'identifier.

ZL : Etait-ce la première chanson sur laquelle vous avez travaillé pour le nouvel album ? Qui est "Eat me, Drink me", alors que nous parlons ici de "If i was your Vampire", la première chanson du disque.
MM : "If I was you vampire" est la première chanson de l'album parce que c'était la chanson que j'ai chanté tel que c'était, 6h00 au matin de noël. C'est pas moi revenant en arrière et racontant une histoire sur une autre période, c'était ce Noël dernier et moi l'écrivant tel qu'il s'est passé. C'était pour moi une nouvelle façon d'écrire, je ne tiens pas de journal et n'ai jamais su comment écrire de cette façon. J'ai commencé à écrire des chansons de façon à communiquer directement, à ce moment précis, avec une personne. J'étais arrivé à un point de ma vie où je n'avais ni rien ni personne et ne comprenais pas quelle était mon identité ; je pense que faire de la musique m'a fait réaliser que si je peux faire ressentir quelquechose à une personne, je peux me sentir à nouveau quelqu'un.

ZL : On dirait sur ce disque que vous chantez à présent
MM : Et bien je dirais que je n'ai pas accompli tout ce dont j'étais capable

ZL : Sur votre carrière complète ?
MM : Oui, plutôt que d'être démoralisé par la façon dont je me sentais. Je sens qu'il y a tant dans la musique qui fait ce que j'ai déjà fait et je ne savais plus ce que je voulais dire. Ce disque n'était pas aussi simple que le cliché "Il m'a sauvé la vie", et n'a pas été non plus pour moi une révélation ou une catharsis. C'était tout ça mais encore plus que ça ; je n'avais plus de raisons de vouloir être en vie, ce qui est toutefois différent que de vouloir mourir parce qu'au moins quand vous voulez mourir vous avez un but ; alors que quand ne voulez plus vivre, vous n'avez plus rien. La première chanson que j'ai enregistré pour l'album était "Just a Car Crash Away", et c'était la première fois que je la chantais, c'était alors un peu comme l'écrire en la chantant. Il n'y avait pas de partie de moi pensant que c'était mauvais ou bon pour le style de production, ou n'importe quoi d'autre que j'ai fait, et je ne pensais pas qu'il y ait une raison de le faire différemment. Ca a commencé a devenir la façon dont je voulais faire un album ou à nouveau de la musique ; et ce n'est que quand j'ai écrit "If i was a Vampire" que j'ai réalisé que ça pouvait devenir un album. J'ai tenté de faire ça pendant un an mais j'ai continué d'essayer et d'échouer ; jusqu'à ce que je réalise que je séparais mon art de ma personalité et ça je ne le voulais plus, j'ai réalisé que je devais être ce que j'ai toujours voulu être. Cette chanson a réellement provoqué ça en moi.

[If I was your vampire est diffusé]

ZL : "Eat me, Drink me" de Marilyn Manson sera disponible le 7 juin. Je pense que c'est de loin la chose de la plus grande envergure et la plus progressive que vous n'ayez jamais faite. N'êtes-vous pas d'accord ?
MM : Si, je suis d'accord, merci. Quand j'ai fait la chanson ça m'a convaincu d'en faire un album, j'ai senti soudain la conviction d'en faire quelque chose de plus.

ZL : Il y a eu énormément de rumeurs depuis mi-2005 à propos de vous, proche de finir un album.
MM : J'ai fait tellement de choses que je pensais que c'était quelquechose que je voulais faire, mais ça n'a jamais traversé autant que cette chanson qui est apparue que récemment. A priori c'est l'une des plus longues chanson que j'ai fait et finalement je pense que c'est la meilleure chose que je pouvais faire plutôt que l'obligation normale de faire quelquechose de court.

ZL : Si vous attendez après la musique pour vous inspirer une chanson qui vous reveille et vous donne une direction ou une raison de vivre, ça peut être une attente longue et douloureuse.
MM : Ca l'a été, ça a pris presque un an pour faire l'album ; mais une fois commencé, ça n'a pas arrêté et cette chanson était au milieu de tout ça. Dès que j'ai écrit cette chanson, je savais que ça serait la première chanson sur l'album et la première chanson qui ouvrira les concerts de la prochaine tournée.

ZL : Aussi loin que va l'album il semble avoir d'autres nuances, ce n'est pas aussi intense et profond que "If i was your Vampire". Le single "Heart Shaped Glasses" n'est pour moi qu'un morceau de dance .
MM : Quand j'ai écrit la chanson qui est le single "Heart Shaped Glasses", c'était une de ces chansons où je m'attendais à une réponse immédiate du label du type "ça sera le single bien sûr" et c'en était presque embarassant que ça soit si évident. La chanson a été écrite d'une façon simple, je lisais le livre "Lolita" et ça a été en quelque sorte inspiré par ma copine actuelle, Evan Rachel Wood, qui est évidemment beaucoup plus jeune que moi, mais qui a eu comme sarcasme de venir me voir une fois portant des lunettes en forme de coeur (ndt : Heart shaped Glasses), les mêmes que sur l'affiche pour le film de Kubrick "Lolita" et moi disant ce que je chante dans le refrain de la chanson. Je m'adresse à elle et j'ai soudain réalisé que je devrais réellement écrire une chanson à propos de ça et il ne m'est jamais apparu dans toute ma carrière, toute ma vie, que c'est comme ça qu'on doit écrire une chanson. Ca devrait être la partie de votre personnalité que vous pourriez vouloir garder secrète, loin du reste du monde.

[Heart-Shaped Glasses]

ZL : Le premier single extrait de "Eat me, Drink me".
MM : J'ai essayé de faire des chansons séduisantes, un amour à placer entre le monde et moi. Maintenant je peux regarder en arrière et comprendre que mon monde était réduit à n'en avoir rien à faire. J'étais dans l'optique de faire de la musique à sens unique, ou d'être moi dans un seul sens et j'ai commencé à réaliser que je pouvais l'utiliser de façon à ce que quelqu'un se préoccupe de moi ou m'aime, ce qui aurait toujours du être, ce qui aurait pu être.

ZL : Vos disques précédents étaient agressifs, et en quelque sorte provocant disant "Je vous dérange pour que vous m'aimiez"
MM : C'est exactement comme ça que je l'interprète maintenant, je ne regrette aucun de mes précédents albums parce qu'ils sonnent et sont comme j'étais quand je les ais faits.

ZL : Vous devez avoir aujourd'hui des sentiments diffus suite à la récente fusillade à Virginia qui est presque le reflet de Columbine ?
MM : Je n'ai pas de sentiment diffus car je regarde tout ça de la même façon que quand je regardais la TV lorsque Columbine est arrivé, et je le vois comme n'importe quelle autre personne le verrait. Lorsque soudainement Columbine est arrivé, mon nom y a été rattaché ; je ne serais pas surpris si mon nom se voit rattaché à celui-ci.

ZL : Je me demandais si vous vous sentiez moins controllé comme artiste ; maintenant que vous êtes un peu plus vieux et plus sage, vous avez fait plus de disques, vous vous êtes établi comme un musicien et un artiste avec une galerie, plus que par les actes controversés dont vous êtes l'auteur, les gens avancent et vous faites parti du système ?
MM : Parfois j'estime que c'est un peu le revers de la médaille que d'avoir été tant blamé quand on a parlé de tout ce qui s'est passé. Parfois, c'est réduit simplement à "J'ai aimé ce que vous avez dit dans le film de Michael Moore", j'ai presque l'impression d'avoir triché. Alors pour moi, je n'ai pas pensé à mon monde et à ce qui me poussait à faire de la musique quand je ne voulais presque plus en faire ou que je ne voulais plus vivre pour rien, tout était réduit à ce monde que je m'étais fabriqué qui n'avait rien et j'ai commencé à ramper pour rien. A ce moment là je n'en avais rien à faire de la politique du reste du monde ou même du reste du monde, si quelqu'un me demandais mon opinion sur les USA ou la violence et le divertissement, je m'en foutais un peu. Je pense que cet album c'est moi réalisant que le monde est une victime de lui-même et c'est le cas de tout ceux qui veulent accomplir quelque chose d'important comme artiste, c'est le moment d'être introspectif, c'est le moment d'avoir le comportement qui vous fait être quelqu'un et faire quelque chose qui a un impact sur les autres et l'humanité de quelqu'un c'est ce qui fait une différence et je pense que quand tout le monde pense soudain que ce que j'ai fait sur cet album est plus humain, je suppose que, si je devais être objectif à propos de moi, je suis plus humain en le faisant voir. Alors je pense que c'était un disque important que je devais faire, pas juste personnemllement, c'est juste mon point de vue et ma vision sur le passé dans le monde, je pense que la seule chose que vous pouvez dire sur le monde est ce que vous pouvez dire sur vous même.

Traduction par kTc & Eve (merci à elle) - www.mansonfr.com

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