Publié en Juillet 2007
Marilyn Manson
Par Aaron Detroit
Publié sur le site Suicide girls
Traduction kTc pour mansonfr.com
23 juillet 2007
Marilyn Manson déclare que son nouvel album, Eat me, Drink me (actuellement dans les bacs), l'a sauvé d'une crise d'identité. Le chanteur controversé, récemment proclamé comme La Dernière Rock Star par le magazine Spin, a discuté avec Aaron Detroit à propos des fans de Slayer, sur la récupération de son mojo en faisant un album allongé sur le sol, ses débuts comme réalisateur avec Phantasmagoria : The Visions of Lewis Carroll, et les derniers essouflements de l'industrie du disque.
Aaron Detroit : Salut, comment ça va ?
MM : Salut, mais tu n'es pas une fille ! (ndt : le site suicide girls est une communauté composée uniquement de filles)
AD : Non, en effet
MM : [rires]
AD : [rires] Comment s'est passé la tournée européenne ?
MM : Nous avons terminé une tournée de 8 semaines et maintenant je suis à New York pour faire une petite pause et nous recommençons en Floride la semaine prochaine.
AD : Pour la tournée que vous faites avec Slayer ?
MM : Slayer, oui
AD : Les fans de Slayer sont connus pour ne pas être très accueillant envers les groupes qui jouent avec eux. Comment vous allez gérer ça ?
MM : Et bien, je pense, honnêtement, que les gens ne sont plus si motivés à être des trous du cul. Les gens apprécient maintenant travailler pour l'argent qui leur permet d'acheter un billet de concert. Je pense que les deux foules vont venir ensemble. Je pense que nous partageons le sentiment que, dans ces deux groupes, nous n'avons jamais tourné le dos à ce en quoi nous croyons ou pour lesquelles nous nous sommes battus. Il y a tous ces groupes qui veulent adopter les attitudes ou l'esthétique de choses que j'ai fait ou que Slayer a fait mais ces groupes n'ont pas un élément viscéral pour le soutenir et je pense que nous avons réellement besoin de représenter le mal dans le rock'n'roll aussi littéralement que ça doit être fait. Faire revenir Satan.
AD : Crois-tu que certains de ces nouveaux groupes peuvent tout de même reprendre le flambeau ?
MM : Et bien, d'une façon différente. Tu sais, c'est difficile de dire des choses que j'ai déjà dit dans le passé parce que c'est sans intérêt. Je ne me vanterais pas en en mettant à mon crédit, même un faible pourcentage, mais je pense que le monde a finalement compris les plus évidentes des ironies que je pointais du doigt tout au long de ma carrière. Alors il n'y a plus réellement de points sur lesquels attaquer le monde et c'est ce qui m'a mené au point de ne plus savoir si je voulais continuer à faire de la musique. Je ne comprenais pas qui j'étais censé être. Je ne comprenais pas si j'avais encore quelque chose à dire. Je ne comprenais pas ce que je faisais quand je faisais cet album, mais maintenant, en regardant en arrière, je peux voir, je dois encore pointer le microscope sur moi, et je pense que ça c'est la seule manière de vous rapporter fondamentalement à ce que j'ai toujours dit, la croyance en soi-même. C'est à propos de l'auto-préservation, c'est à propos de se dresser pour ce en quoi on croit et se foutre que d'autres personnes ne le sont pas, mais en ce moment plutôt que de perdre son temps à commenter la religion et la politique, la seule chose dont les gens parlent sont les pubs qui passent sur MTV. Je pense que j'étais capable, pas intentionnellement, de faire un disque qui me dit ça parce que j'avais le plus grand besoin d'entendre ça. Je n'étais pas sûr de qui j'étais et j'ai fait ce disque qui m'a fait me sentir fort à nouveau. Je pense que c'est peut-être maintenant la seule façon simple de communiquer ce message avec les gens. Je ne pense pas que les gens aient besoin d'entendre les évidences qui sont juste devant eux.
AD : OK, donc en faisant un album plus personnel tu penses commenter les choses d'une façon plus subtile ?
C'est difficile d'être objectif parce que c'est encore un peu trop récent mais quand j'essaye de regarder en arrière et de voir comment les choses ont évolué, c'est difficile de dire si c'est plus personnel parce que j'ai toujours mis tellement de moi-même dans tout ce que j'ai fait mais je pense que dans le passé, j'ai toujours, je suppose, mis mes sentiments dans une sorte de metaphore. Que ça soit dans une personne, un personage, une histoire ou quelque chose qui était un peu plus qu'une armure pour moi. Je pense que je devais réellement apprendre comment baisser ma garde. C'était à un point où je ne savais pas en qui avoir confiance, et je ne savais pas si je pouvais resentir quelque chose. Je ne savais pas si j'avais réellement une raison de vivre. Je n'étais même pas assez motivé pour me suicider parce que je n'avais pas autant d'attachement. J'étais réellement sur le point d'abandonner et je pense que faire cet album a fini par faire naître la première vraie collaboration musicale; avec Tim [Skold]. A aucun moment je n'ai eu besoin de lui dire, Voici comment je veux que les guitares soient. Je veux pas ce son.. Il a presque composé tout ce que qu'il me voyait penser. Je ne sais pas, peut-être qu'il me connait si bien, peut-être que c'était une évidence. Je ne suis pas sûr.
AD : Alors tu as laissé beaucoup de libertés à Tim sur cet album ?
MM : Et bien, c'est différent de ça. Je veux dire, ça aurait été l'ancienne façon de faire les choses. Ca aurait été comme si il y avait eu quelqu'un avec qui je bossais avant à qui je laissais faire ce qu'il voulait. Comme si il y avait une sorte d'acte magnanime dans cette collaboration. C'était une situation où Tim jouait ces morceaux de chansons et ça sonnait exactement comme je cherchais que ça sonne. Comme rien d'autre ça m'a fait sentir un challenge, comme, Je n'ai jamais fait ça avant. Je pense que j'en étais à me dire pourquoi m'en faire ? La première chanson que nous avons fait était Just a Car Crash Away et c'était, pour moi, probablement la plus lente, la plus mûre je suppose, sur l'album et ça a été la première que j'ai essayé et chanté. J'écris de façon très dispersée, quinze, peut-être vingts cahiers à la fois parce que si je devais en perdre un, j'écrivais dans un autre. Alors je pouvais écrire une pensée qui allait sur deux cahiers et je les étalais tout et chantais juste allongé par terre sur le dos avec juste un mirco poly-directionnel, qui n'est pas censé être tenu dans les mains, donc c'était techniquement inexact, mais qui en a quelque chose à foutre ? Ca a le son que ça a et j'aime. C'était la première chanson, je l'ai chantée une fois pour vérifier mes niveaux et je l'ai ensuite chantée de nouveau et mis sur l'album. Je n'essayais pas de prouver quelquechose mais je n'ai pas ressenti le besoin de la chanter de nouveau. Je l'ai passé plus tard cette nuit là pour quelques personnes et une personne a pleuré. Ca m'a montré subitement que je pouvais faire sentir une émotion à quelqu'un et que ça me faisait quelquechose.
AD : Quel est ton sentiment sur la situation politique actuelle et où vois-tu le pays durant les prochaines années ?
MM : Et bien, tu sais, beaucoup de gens interprètent mal mes propos sur Bush, disant que je le soutenais pour être en poste, ce qui n'est pas vrai. Je disais juste, simplement, que s'il gagnait ça serait une période où les artistes chercheraient à se dépasser parce qu'il y aurait des frontières de posées. J'étais loin de penser qu'il allait être aussi mauvais qu'il a été, en fait je pense que ça a maintenant atteint un point où c'est absurde, presque Nazi, Berlin, l'Hollywood de l'ère McCarthy où les gens perdent leur job pour avoir dit quelque chose, je me rappelle Bill Mahr, son show a été annulé parce qu'il a dit quelque chose sur le 11 septembre et ça a juste atteint un niveau absurde. Mais si on se tourne vers le monde, il y a des gens qui s'enculent et se saoulent, le monde est vraiment givré. Ca en est à un point où je pense que c'est presque pareil que quand j'ai créé le groupe et pourquoi je suis venu avec le nom Marilyn Manson. Je pense que c'est différent, mais d'une certaine façon c'est identique. C'est vraiment bizarre comment les choses se répètent et c'est, finalement, les gens qui ne sont pas artistes, qui ne sont pas créatifs, il ne sont pas architectes, ils ne sont pas écrivains, ils ne font pas de discours, ils ne sont pas musiciens, ces gens ont historiquement été terrifiés. Prends l'Allemagne Nazie, par exemple, et la période McCarthy (ndt : politicien américain qui menait la chasse aux communistes durant la guerre froide aux USA), ils étaient terrifiés par les gens créatifs et ils auraient fait n'importe quoi pour les supprimer, même si sans eux ils n'auraient rien. Allons nous nous coucher le soir en pensant à la politique et la religion ? La plupart du temps tu vas au lit en pensant à une chanson ou un film que tu as vu, où la pièce dans laquelle tu te trouves que quelqu'un a designé. Ca ne sera jamais changé donc je ne veux pas essayer d'être le héros qui va essayer de faire que ça arrive. Je pense qu'au moins nous essayons tous de nous rattraper, mais vous devez combiner ça au fait que n'importe qui peut être célèbre maintenant.
AD : Oui, 15 minutes
MM : Il y a quelque chose d'un petit peu différent de la tradition d'Andy Warhol maintenant et je pense qu'il est important de souligner que je crois que ça va créer une période meilleure. Peu importe quoi, musique, écrit ou films, je pense que ça va créer une situation où les maisons de disques devront se couper la gorge parce qu'elles ne pourront plus faire d'argent. Bien sur, ça signifie que je perdrais de l'argent parce qu'ils prendraient tout l'argent jusqu'à ce que les ventes démarrent, mais soudainement ils ne seront plus nécessaires. Ca devient une situation où, peu importe de quelle sorte, chacun, et ça inclus le site SuicideGirls, exige le talent à un certain niveau, ou une sorte de charisme, ce qui je pense est bien. Je pense que ça incite les gens à essayer d'obtenir plus parce qu'en ce moment nous sommes dans l'ère où les gens confondent l'habilitation avec le droit. Juste parce que vous avez la capacité de dire ce que vous voulez ne veux pas forcemment dire que vous pouvez. Je pense que ça doit être... bien, dans un monde parfait il y aurait une équipe spéciale du SWAT qui viendrait botter le cul de ceux qui l'ouvrent mais qui n'ont rien pour assurer derrière. J'ai arreté de lire des choses sur le net il y a 5-6 ans parce que, que ça soit bien ou mal, c'est très trompeur. Ce n'est pas réellement un indicateur de ce qui est vrai et c'est ce que j'aime dans le fait de jouer live. C'est vrai, vous le voyez. Je pense que c'est une grosse part du truc. La technologie, que ça soit le magnetophone, la télévision, TiVO ou n'importe, c'est avant tout faire en sorte que les gens tachent de créer de meilleures choses. Les gens qui sont supposés divertir le monde se lèveront et le divertiront. Je pense que c'est un bon challenge. Je pense que c'est bien. Je pense que c'est bien que ces enfants s'assoient et disent : Je peux le faire mieux que ça. Et bien, faites le. Ca ne fera pas aller le monde plus mal. Je suis heureux si vous pouvez le faire. Je pense que c'est une bonne chose.
AD : Tu diriges un film nommé Phantasmagoria : The Visions of Lewis Carroll, quand sera-t-il fini ?
MM : Et bien je pensais le faire quand l'album est apparu et je pense que j'étais trop similaire au personnage, qui est à propos de Lewis Carrol dans un état d'esprit complètement détruit, dans un sens très Jekyll et Hyde. Alors le film est reconduit après la tournée, mais ça arrivera absolument. Ca doit arriver cet hiver.
AD : C'est une sorte de fiction sur Lewis Caroll ou c'est basé sur des recherches ?
MM : C'est un peu figuratif et un peu une fiction dans le sens où je n'ai pas été en mesure de recréer quelque chose de parfaitement documenté. Mais j'ai créé l'histoire uniquement grâce à la lecture de son journal intime et de biographies. La première chose que chacun veut savoir étant, Etait-il pédophile ?.
AD : Crois-tu que c'était le cas ?
MM : Je ne traite pas réellement ça dans l'histoire mais mon opinion est qu'il ne l'était pas. Je ne traite pas ça dans le film, mais je crois qu'il a pu avoir une histoire avec la vraie mère d'Alice. Je pense que c'est allé au delà de la fascination. J'ai trouvé beaucoup de choses sur lui interressantes parce que je me trouvais dans la même situation. Alice au Pays des Merveilles est à propos de l'identité et, tu sais, elle devient petite, elle devient grande et elle ne sais pas son nom. C'est le truc de l'histoire. Ce que j'ai aimé à propos de tout le concept est ... quand tu lis Alice au Pays des Merveilles, il n'est jamais dit que le Chapelier porte un chapeau. Il est jamais dit que Humpty Dumpty a la forme d'un oeuf. Il n'est jamais dit qu'Alice est blonde. Je pense que c'est un vrai défi. Bien sur, j'aurai adoré le faire visuellement, Alice au Pays des Merveilles, c'est une part de l'histoire mais c'est plus, dans un sens, une version XIX° siècle de moi. Dans le fait que j'ai beaucoup fait référence à comment il était. La période que j'ai choisi pour l'histoire de Phantasmagoria est 1869 et c'est étrangement 100 ans exactement avant ma naissance. C'est quand il a écrit Phantasmagoria (un poème) et c'est juste après la mort de son père. Il avait commencé à avoir des visions. C'est dans son journal. Mais alors quand tu lis plus son journal tu réalises qu'il était saoul dès l'après-midi, ne mangeait jamais et ne dormait pas non plus. J'ai trouvé ça très interressant et je pense que je vais faire de loin un meilleur film ayant une certaine distance et après avoir réalisé combien j'ai en commun à ce moment avec ce que j'écrivais. Tu sais, c'est essentiellement de l'aphasie avec la séparation en deux hémisphères du cerveau.
AD : Est-ce séparé du film sur lequel tu travailles avec James Cameron ?
MM : Et bien, c'est un terme un peu mal approprié. Ce qui est arrivé et que nous avons été approché après le début du concept pour la vidéo de Heart Shaped Glasses. On nous a invité à utiliser la technologie de James Cameron, qui pouvait, je le croyais à ce moment, être vu sur une platine DVD. Ensuite, environ une semaine avant que nous le fassions, après avoir mis l'eau à la bouche de pas mal de monde, j'ai réalisé qu'on pouvait le voir uniquement au cinéma. Je me suis demandé, Bon, comment je vais faire pour que ça marche pour moi ? C'était un énorme fardeau de faire fonctionner correctement cette caméra, et je sens que ça semble normal, ce qui est plutôt une réussite. Avec cette caméra, quand tu veux te rapprocher, tu ne peux pas simplement zoomer parce qu'il y a un ratio de convergence. Il y a beaucoup de variables, pas mal de choses mathématiques que je ne veux pas réellement savoir mais que j'ai du apprendre. Ca se comporte mieux quand vous l'utilisez plus comme l'oeil humain, donc disons que pour te rapprocher la caméra doit être juste au dessus de toi, donc disons juste que les scènes de sexe étaient très interressantes.
AD : [rires]
MM : Mais bien sûr, tu sais, après deux jours de scènes de sexe, je pense que c'était plus interressant quand le clan des Suicide Girls est venu et que les gens qui ne bossaient pas pour moi, il y avait deux équipes, mon équipe et l'équipe qui voulait filmer Chéri, j'ai rétréci les gosses et non pas Chéri, j'ai baisé les enfants. Ils étaient fous et retournaient le plateau en disant Je n'ai pas bossé toute ma vie pour créer une caméra et finir par filmer du Porno. Etc, Etc, Etc, alors ma réponse a été A quoi vous attendiez-vous ? Vous aviez les storyboards. J'ai pu le voir en 3-D sur le plateau, et j'ai eu une preview et ça parraissait stupéfiant mais je n'étais pas, même à ce moment, inquiet sur comment ça rendait en 3-D parce qu'une fois que tu sais que ça rend en 3-D, ça rend bien. Je voulais être sûr que ça rende bien à la télévision, et en DVD. Alors, il y a eu une sorte de confusion, et bien sûr, j'étais le méchant. Je pense qu'un de mes moments favoris a été le silence gêné après que je tentais de diriger les filles dans la foule, et que j'ai dit, Je ne veux pas que ça ressemble à un concert. Je veux que ça soit comme une grande artère et je veux que vous agissiez comme si vous ne vous étiez pas lavé la chatte depuis deux semaines. Il y a eu un silence de mort.
AD : [rires]
MM : J'ai ajouté Dans le bon sens du terme !
AD : [rires]
Non, mais les filles étaient bonnes.
AD : Il y a quelque chose de vrai dans la rumeur qui dit que Tim Burton va faire un film sur toi ?
MM : C'est ce que j'ai entendu. Je ne sais pas d'où cela est venu à moins que cela soit venu de lui.
AD : Il a été cité déclarant qu'il aimerait bien
MM : Et bien, je suis impatient de savoir qui va jouer mon rôle. J'espère Paul Reubens.
AD : [rires] Donc il ne t'a pas du tout contacter à propos de ça ?
MM : Je le connais un peu. Je l'ai rencontré bien sûr, quand j'ai fait la reprise pour The Nightmare Before Christmas (ndt : This is Halloween) et je l'ai rencontré avant avec Johnny Depp quand je suis allé voir Sleepy Hollow et il semblait cool mais je n'ai jamais réellement eu de vrai conversation de plus de 5 minutes avec lui, donc je ne sais pas si c'est vrai.
AD : Mais ça serait quelque chose dont tu ferais parti ?
MM : Je n'ai aucune objection à ça tant qu'il fasse en sorte que j'ai vraiment un gros penis. [rires]